Dématérialisation

Les freins organisationnels et culturels, derniers remparts à la généralisation de la facture électronique ?

Avec l’Ordonnance du 26 juin 2014, la France ouvre la voie à une généralisation de la facturation électronique. Ainsi les fournisseurs de la sphère publique (Etat, collectivités locales et établissements publics) auront l’obligation d’adresser leurs factures dans un format numérique, et ce à partir de 2017 pour les grandes entreprises. D’ici 2020, ce sont les quelque 100 millions de factures reçues par le secteur public tous les ans qui seront concernées. Le caractère obligatoire de la facturation électronique pourrait aussi être étendu aux échanges inter-entreprises avec l’amendement n°SPE1561 adopté en janvier 2015 dans le cadre du projet de loi « pour la croissance et l’activité ». Le gouvernement serait ainsi autorisé à imposer par ordonnance la réception de factures électroniques aux entreprises du secteur privé, avec une entrée en vigueur progressive selon leur taille, à l’instar du calendrier prévu pour les fournisseurs de l’Etat.

Il est juste à regretter que l’émission de factures électroniques ne soit pas évoquée dans ce texte de loi, dite loi Macron. Le challenge des 2 milliards de factures BtoB/BtoG échangées en France en vaut pourtant la peine et offre des opportunités tant pour les fournisseurs que pour leurs clients : économies, compétitivité, optimisation des processus, amélioration des relations client/fournisseur, ouverture à de nouveaux marchés, réduction de l’empreinte carbone…

Ce dispositif légal vient renforcer un contexte déjà favorable à une adoption accrue de la facturation électronique par les organisations en France : des bénéfices concrets, des solutions technologiques matures, adaptées aux besoins des entreprise et de leurs utilisateurs.  Enfin une facturation électronique simplifiée depuis janvier 2013 avec la 3ème voie qui repose sur l’établissement d’une piste d’audit fiable entre la facture électronique et la livraison de biens ou de services.

MARKESS constate cet intérêt croissant auprès des 155 décideurs interrogés fin 2014, avec une progression du nombre d’organisations désireuses de passer à la facturation électronique (39% d’entre elles affichent des projets d’ici 2016, soit un doublement des entreprises de l’échantillon). L’évolution vers le tout numérique est également sensible en termes de volume de factures concernées : les décideurs interviewés affichent de réelles ambitions puisque, d’ici 2016, la part des factures électroniques dans le volume total de leurs factures devrait largement dépasser la part des factures échangées et traitées au format papier.

Dematerialisation de factures
Pourtant des réticences sont encore perceptibles… Et les plus importantes portent sur les transformations organisationnelles induites par le recours à la facturation électronique. Accompagner au changement, convaincre, travailler les aspects organisationnels sont indéniablement au coeur du succès des projets de facturation électronique.

Il s’agit de communiquer très en amont, d’informer des tenants et aboutissants de la facturation électronique, de former aux nouvelles méthodes de travail, ou encore de redéployer les ressources afin de s’assurer l’adhésion des utilisateurs et des partenaires commerciaux.

La culture « papier » reste encore très présente et pourtant cela fait près de 25 ans que les entreprises sont autorisées par la législation française à transmettre des factures par voie électronique sous forme d’un message structuré ! Les grandes entreprises fournisseurs de l’Etat ont désormais 2 ans pour passer à la facturation électronique ; pour les autres, il serait dommage de repousser encore plus longtemps et de ne pas profiter dès maintenant des opportunités offertes par ces projets.

Pour en savoir plus, téléchargez le référentiel de pratiques de l’étude
« Généraliser la dématérialisation des factures : état de l’art 2014 et perspectives 2016″